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Update obligations: un gagnant inattendu

Nous n’avons cessé d’écrire sur l’inflation, tout au long de l’année – elle était sous les feux de la rampe dans les marchés des titres à revenu fixe. La réouverture des marchés mondiaux, les dépenses des gouvernements et les mesures de relance des banques centrales font craindre aux marchés des pressions inflationnistes depuis un certain temps.

En résumé

  • Les pressions inflationnistes devraient être largement temporaires
  • Attente d'une normalisation des hausses de prix
  • Pas de perspectives économiques négatives, sauf pour la variante delta
Update obligations: un gagnant inattendu
Update obligations: un gagnant inattendu

Dans ce contexte, le taux allemand à dix ans a commencé l’année à -0,6% avant de grimper à -0,1% en mai. La plupart d’entre nous (y compris les banques centrales) pensons que la plupart de ces pressions inflationnistes sont éphémères, étant donné que la reprise économique a perturbé les chaînes d’approvisionnement. Par exemple, je suis un fanatique de cyclisme, et en ce moment, j’ai du mal à trouver des pièces pour mon vélo – et quand je les trouve, elles sont coûteuses. Mais nous pensons que ces problèmes disparaîtront et que l’effet de la concurrence nivellera les récentes hausses de prix. Cependant, de nombreuses personnes pensent que les programmes de relance auront des effets durables sur la croissance et l’inflation et feront grimper les taux d’intérêt à long terme.

Récemment, pendant les vacances, les taux ont fortement baissé ; le taux allemand à dix ans est ainsi redescendu à -0,5%. Alors, que se passe-t-il ? Les taux d’intérêt ont tendance à baisser lorsque les conditions de marché sont défavorables, mais à part le fait que les contaminations au Covid repartent à la hausse (en raison du variant Delta), rien ne plombe les perspectives économiques. C’est même l’inverse. Même les marchés boursiers atteignent de nouveaux sommets, et les gouvernements sont réticents à imposer de nouveaux confinements. Au contraire, il faudrait changer de point de vue, et adopter celui des économistes et des investisseurs, qui pensent que nous assistons maintenant au pic de la croissance économique.

En effet, la croissance et l’inflation sont évaluées sur la base d’une référence historique, principalement des comparaisons avec il y a un an. Ainsi, lorsque les chiffres de croissance ou d’inflation sont élevés, cela signifie soit qu’il y a eu une croissance élevée, soit que la référence historique était un creux. Les chiffres qui seront publiés désormais seront moins faussés par les effets de la pandémie de l’année dernière, obligeant les investisseurs à réévaluer leurs positions, à se montrer un peu plus prudents et plus méfiants à l’égard du sentiment du marché. En travaillant avec des modèles de marché, nous avons remarqué que les marchés, par rapport aux dernières décennies, sont aujourd’hui plus enclins à réagir aux évolutions des indicateurs de sentiment, par exemple l’élan (en anglais, momentum). De nos jours, les investisseurs sont donc bien inspirés de rester dans le peloton. Le nouveau cadre de la Banque centrale européenne, qui a des objectifs d’inflation encore plus souples, avec des taux plus bas pendant encore plus longtemps, peut également avoir causé cette baisse des taux. Pour en venir à la conclusion, je pense qu’il est aujourd’hui légitime de réexaminer les raisons de détenir des obligations, car celles-ci sont devenues considérablement plus chères en quelques semaines seulement.

Erik Joly
Erik Joly
Chief Economist / Country Director Investment Advisory
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