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Update Obligations : rhapsodie des banques centrales

L’histoire semble se répéter une fois de plus. Si les marchés souffrent une semaine sous l’impulsion de tweets belliqueux liés à la guerre commerciale lancés par le président américain Donald Trump, les banques centrales essaient d’éteindre l’incendie du mieux qu’elles peuvent et de restaurer la confiance sur le marché au vu de leur engagement à soutenir la croissance. Après un mois de mai plutôt morose, les marchés ont accéléré le mouvement ces derniers jours, soutenus par le ton plus accommodant (« conciliant ») des banques centrales.
Update Obligations : rhapsodie des banques centrales
Update Obligations : rhapsodie des banques centrales

Tout d’abord, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a clairement annoncé que « si les perspectives économiques ne s’améliorent pas », la BCE était susceptible de lancer une nouvelle vague de mesures de relance monétaire. Il a également énuméré les outils à sa disposition pour soutenir l’économie, tels que de nouvelles baisses de taux ou un nouveau programme d’achat d’actifs. Ensuite, le 19 juin, la Réserve fédérale des États-Unis a fait un grand pas vers un assouplissement de la politique monétaire dans la seconde moitié de l’année. Selon les déclarations dévoilées après la réunion, les décideurs de la Fed communiquent les informations suivantes : « Le comité de la Fed continue de constater une croissance soutenue de l’activité économique, des conditions sur le marché du travail solides et une prévision d’inflation probable proche de l’objectif symétrique de 2 % établi par le Comité. Malgré tout, les incertitudes liées à ces prévisions se sont appréciées. À la lumière de ces incertitudes et d’une absence de pression inflationniste, le Comité suivra avec attention les incidences de l’actualité à venir sur les prévisions économiques. Il agira également de la manière la plus appropriée en vue de maintenir la croissance, avec un marché du travail solide et une inflation proche de l’objectif symétrique de 2 %. »

Toutefois, le président de la Fed Jerome Powell a également affiché clairement sa volonté de ne pas se précipiter à baisser les taux. ABN AMRO prévoit un ralentissement de la croissance aux États-Unis au cours de la seconde moitié de l’année, ce qui est également susceptible de forcer la banque centrale américaine à effectuer deux baisses de taux d’ici la fin de 2019.

Les messages accommodants des banques centrales ont eu pour conséquence une nouvelle baisse des taux souverains. Les bons du Trésor américain à 10 ans sont retombés en dessous des 200 points de base pour atteindre 199 points de base, le niveau le plus bas enregistré depuis 2016. En Europe, les Bunds à 10 ans sont descendus à -32 pb, un plancher jamais atteint auparavant. Les rendements des bons d’État italiens à 10 ans ont surperformé les autres dettes souveraines européennes, étant donné que les obligations italiennes ont affiché un rendement jusqu’à 205 pb – un niveau qui avait été affiché pour la dernière fois avant les élections italiennes. Les obligations d’État françaises ont chuté en dessous de zéro (intraday) pour la première fois de leur histoire.

Du côté du crédit, les déclarations conciliantes de Mario Draghi ont été à l’origine d’une hausse sur les marchés du crédit européen. Le discours de Jerome Powell devrait jouer en faveur des actifs plus risqués et provoquer un accroissement de l’appétence pour le rendement. Étant donné que le discours accommodant des banques centrales était attendu, les spreads des hauts rendements s’étaient déjà contractés en juin. Le marché américain s’est contracté de 50 pb, alors que le marché européen s’est resserré de 35 pb. La contraction des spreads s’est limitée aux notations BB et B. Les notations CCC se sont élargies, signe d’un comportement plus prudent des investisseurs qu’un peu plus tôt dans l’année.

Dans un contexte de baisse des taux d’intérêt, avec une stratégie de titres à revenu fixe de haute qualité, nous estimons que les obligations avec une maturité plus longue ont le potentiel de surperformer les obligations avec une maturité plus courte. Avec une stratégie de rendement élevé, nous privilégions la dette des marchés émergents au détriment du haut rendement. L’attitude conciliante de la Fed joue en faveur des obligations des marchés émergents. Ce positionnement pourrait même apporter encore plus de soutien si le dollar américain venait à faiblir.

Nous estimons que les obligations à haut rendement restent coûteuses et disposent d’un potentiel limité, à la fois lorsqu’elles sont exprimées en euros ou couvertes contre le dollar américain à moyen terme.

Florian Bardy
Investment Communications
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