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Update Obligations : les données de production laissent entrevoir un prolongement du ralentissement

L’humeur sur les marchés financiers a été légèrement positive pendant une grande partie de septembre. Les chiffres de croissance réels n’ont pas été aussi mauvais que prévu, les indicateurs de surprises économiques se sont avérés positifs et les États-Unis et la Chine ont semblé travailler de manière plus constructive. Associé aux actions de politique accommodantes de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale, cet environnement a soutenu les spreads de crédit.
Update Obligations : les données de production laissent entrevoir un prolongement du ralentissement
Update Obligations : les données de production laissent entrevoir un prolongement du ralentissement

À l’approche de la fin du mois, cette humeur positive est en train de s’estomper simultanément à l’augmentation du risque lié aux grands titres de l’actualité. Nous avons constaté des données décevantes qui laissent entrevoir un prolongement du ralentissement, étant donné que de faibles données de production ont été publiées, surtout dans la zone euro. Des signes de contraction sont également visibles dans les données des services, ce qui renforce la crainte d’une propagation de la crise qui touche actuellement le secteur manufacturier. Aux États-Unis, la confiance des consommateurs a affiché sa chute la plus marquée cette année. En outre, nous constatons de nombreux risques politiques susceptibles d’envenimer la situation. Une escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine : après de nombreux signes constructifs, Donald Trump a récemment qualifié la Chine de « manipulatrice de devises » et a une nouvelle fois accusé la Chine de voler de la propriété intellectuelle. Une guerre commerciale pourrait également débuter entre les États-Unis et l’UE : l’Organisation mondiale du commerce autorisera les États-Unis à imposer des barrières tarifaires sur les marchandises européennes à la suite de l’aide d’État illégale accordée à Airbus ; et l’UE répondra probablement avec des droits de douane sur les marchandises américaines.

Le processus de destitution contre Donald Trump et la poursuite de l’incertitude liée au Brexit ne jouent pas non plus en faveur de la croissance mondiale. Ces données et ces risques politiques confirment nos prévisions de prolongement du ralentissement de l’économie. Nous prévoyons que les banques centrales continueront à se battre contre ce ralentissement avec des mesures d’assouplissement supplémentaires. Par conséquent, nous maintenons notre position positive envers la duration sur le long terme. Les obligations à duration longue (valeur refuge) peuvent offrir une diversification par rapport aux actions et aux risques de crédit en période de turbulence sur le marché.

Même si un repli de l’économie n’est pas favorable aux obligations d’entreprise, nous maintenons notre position surpondérée en crédits de la catégorie « investment grade », en se basant sur des données techniques solides plutôt que sur des fondamentaux. Le spread de l’indice des obligations d’entreprise s’est légèrement élargi après une réaction initialement positive au nouveau programme d’assouplissement quantitatif (quantitative easing - QE) de la BCE. Nous pensons que ce phénomène a été provoqué par un approvisionnement massif de nouvelles obligations, ce qui devrait ralentir à partir d’un certain moment. Au même instant, nous prévoyons que la demande de crédits restera forte, étant donné qu’il s’agit de l’un des seuls endroits dans l’univers de la catégorie « investment grade » où les investisseurs peuvent encore bénéficier de rendements positifs. En outre, nous prévoyons que le nouveau programme QE engendrera des achats nets avoisinant les 2,4 milliards EUR d’actifs par mois. Cette estimation part du principe que l’approche d’achat est similaire au programme QE précédent.

Nous pensons que le ralentissement de l’économie constitue un risque plus important pour les obligations d’entreprise à haut rendement. Cette hypothèse est confirmée par les investisseurs en haut rendement qui continuent d’éviter les expositions en obligations à haut rendement de faible qualité pour se tourner vers les obligations BB. Ce changement devrait se poursuivre pour le moment. Au sein de l’univers du haut rendement, nous maintenons notre préférence pour la dette des marchés émergents, car nous pensons qu’elle sera soutenue par les baisses de taux de la Fed.

Thomas Smid
Investment Communications
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