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Update obligations : Les banques centrales sur le devant de la scène

Avec une semaine au cours de laquelle trois importantes banques centrales occidentales – la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) – ont pris leur décision quant à leur orientation future, la politique monétaire a volé la vedette sur les marchés obligataires.

En résumé

  • La Fed a annoncé une réduction accélérée de ses achats d'obligations et prévoit trois hausses de taux en raison de l'inflation élevée
  • Les obligations d'État des pays périphériques, comme celles de l'Europe du Sud, restent très volatiles
  • Les primes de risque sur les obligations d'entreprises de qualité et à haut rendement ont sensiblement augmenté en novembre et offrent désormais une marge de manœuvre pour un resserrement
Update obligations : Les banques centrales sur le devant de la scène
Update obligations : Les banques centrales sur le devant de la scène

La Fed a annoncé qu’elle accélérerait la réduction de ses achats d’actifs et elle prévoit d’adopter jusqu’à trois hausses de taux d’intérêt l’année prochaine dans le contexte d’inflation élevée. Aux États-Unis, l’inflation a atteint son niveau le plus élevé depuis 1982 et elle n’est officiellement plus qualifiée de « transitoire » par la Fed, même si elle continue d’être alimentée par le pic des prix de l’énergie et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Associée à un taux de chômage qui approche du niveau constaté avant la crise, cette situation a provoqué un aplatissement supplémentaire de la courbe de rendement américaine. L’annonce d’une augmentation du nombre de hausses de taux d’intérêt dans un futur proche a fait bondir les rendements à court terme, même si les rendements à long terme n’ont pas encore suivi la même tendance. Une telle situation laisse entendre que les investisseurs supposent que la Fed devra dorénavant moins agir à la suite de sa décision audacieuse et précoce de modifier ses taux d’intérêt.

Les obligations périphériques restent soumises à une volatilité accrue, qui est alimentée par les inquiétudes relatives à une interruption éventuelle du soutien apporté par la BCE à la fin du Programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP), que la banque centrale a annoncée pour mars 2022. Les investisseurs émettent de plus en plus de doutes quant à la durée du maintien des achats d’obligations à grande échelle de la part de la BCE, alors que d’autres banques centrales adoptent des restrictions supplémentaires, comme le montre l’exemple de la BoE, qui a décidé jeudi d’augmenter ses taux d’intérêt. Même si l’incertitude devrait se maintenir sur le court terme, nous restons confiants pour les obligations périphériques en 2022. Les obligations périphériques continueront de bénéficier d’une politique budgétaire pro-européenne, qui se traduira notamment par la mise en œuvre du Plan de relance économique pour l’Europe.

Après avoir assisté à un élargissement considérable des spreads, notamment en novembre, les obligations d’entreprise de la catégorie « investment grade » et le segment du haut rendement affichent un potentiel de resserrement de spread, malgré la reprise qui a déjà eu lieu ce mois-ci. Les entreprises affichent des fondamentaux solides, avec des marges bénéficiaires importantes et un faible niveau d’endettement. Une réduction progressive des dépenses gouvernementales sera probablement compensée par une hausse de la consommation privée, étant donné que les ménages européens disposent encore de beaucoup d’économies qu’ils peuvent dépenser. Le segment du haut rendement profite particulièrement des hausses de notations et du nombre peu élevé de défauts de paiement. Bien que la fin du PEPP soit synonyme d’une baisse de soutien pour les obligations d’entreprise de la catégorie « investment grade », les achats d’obligations d’entreprise en cours de la BCE continueront d’apporter un soutien technique.

Erik Joly
Erik Joly
Chief Investment Officer
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