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Update obligations: La Fed ne dort pas au volant

La plupart des investisseurs en obligations ont profité de rendements positifs au cours des six dernières semaines, même si ceux-ci n’ont pas été suffisants pour entièrement récupérer les pertes du début de cette année. Malgré des données d’inflation encore moins bonnes aux États-Unis que ce qui avait été prévu, les rendements américains ont gardé la tête et ont également tiré les rendements européens vers le bas.

En résumé

  • - Six premières semaines de retour positif
  • - La Fed est très observatrice
  • - Les investisseurs sont de plus en plus confiants
Update obligations: La Fed ne dort pas au volant
Update obligations: La Fed ne dort pas au volant

Un changement d’attitude de la banque centrale américaine a pour le moment seulement renforcé le sentiment positif sur les marchés obligataires. Quelques semaines plus tôt, la banque centrale américaine (Fed) a surpris les investisseurs après sa réunion en effectuant des déclarations « fermes ». Elle a maintenu son taux directeur à un niveau proche de zéro et continuera d’acheter des quantités colossales d’obligations pour le moment. Mais à un moment de l’année prochaine, la situation pourrait évoluer étant donné que la banque centrale a revu ses prévisions à la hausse à la fois pour la croissance et l’inflation. Il faut remonter à 2018 pour retrouver la dernière fois que les investisseurs ont reçu un tel avertissement de la part de la Fed, donc les marchés ont pris ces messages très au sérieux. Les rendements américains à 10 ans ont gagné 10 points de base (pb) et les marchés des actions ont dévissé de 1 ou 2 % au cours des quelques jours qui ont suivi.

Cette semaine, le compte rendu de la réunion de la Fed a été publié, ce qui nous permet d’avoir un meilleur aperçu de ce qui a été discuté. Celui-ci n’a toutefois pas fait évoluer les marchés outre mesure. Directement après la peur initiale, la plupart des investisseurs retrouvaient déjà leur positivisme, car ils ont bien reçu le message que la Fed reste vigilante et attentive, elle ne se contente pas de dormir au volant en conduisant avec le cruise control sur l’autoroute. Comme nous l’avions déjà signalé la semaine dernière, les taux à court terme sont restés élevés, puisque les investisseurs pensent que la Fed augmentera effectivement ses taux plus tôt que prévu. Les prévisions d’inflation ont une nouvelle fois rebondi après avoir d’abord chuté. Elles restent conformes aux objectifs fixés par la Fed sur le long terme. Dans un changement de tendance remarquable, les taux réels ont pour leur part affiché une baisse pour atteindre les planchers précédemment constatés l’année dernière au milieu de la crise de coronavirus. Les taux d’intérêt sur le long terme ont été particulièrement touchés et ont dès lors à nouveau diminué, ce qui a eu pour conséquence un « aplatissement » de la courbe.

Les investisseurs semblent de plus en plus confiants par rapport au fait que l’économie ne devrait pas subir de surchauffe et que la Fed ne réagira pas trop tard. Les enquêtes de cette semaine ont également indiqué que la reprise économique recule vers des chiffres de croissance plus durables après le sprint de la réouverture. La semaine prochaine, les investisseurs seront particulièrement attentifs aux nouveaux chiffres d’inflation aux États-Unis. La probabilité d’assister à une baisse d’inflation surprise au cours des prochains mois est en train d’augmenter, étant donné que les facteurs temporaires sont moins marqués et que les distorsions statistiques de la crise de coronavirus de l’année dernière sont en train de disparaître des chiffres annuels.

Nous maintenons dès lors notre position inchangée. Nous gardons une légère surpondération pour la duration et continuons de nous concentrer sur les segments à rendement positif plus risqués du marché obligataire (obligations périphériques, obligations d’entreprise et dette des marchés émergents). Les investisseurs pourraient envisager d’abandonner les obligations liées à l’inflation, mais uniquement si celles-ci ne sont pas nécessaires comme couverture stratégique contre l’inflation sur le long terme, où l’incertitude reste élevée.

Erik Joly
Erik Joly
Chief Investment Officer
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