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Update Obligations – l’incertitude se maintient

La réunion du G20 du week-end dernier n’a guère permis de dissiper l’incertitude qui étouffe petit à petit l’économie mondiale. Le secteur manufacturier est le plus touché, car il est relativement plus exposé au commerce international.
Update Obligations – l’incertitude se maintient
Update Obligations – l’incertitude se maintient

Alors qu’aucune résolution ou escalade n’a été constatée dans le conflit commercial, la réaction des marchés a été légèrement positive. Les spreads de la catégorie « investment grade » ont fait du surplace, alors que les primes de risque des obligations à haut rendement et de la dette des marchés émergents se sont légèrement contractées, conformément au sentiment du marché des actions.

Les investisseurs devront continuer à évaluer les bénéfices d’un soutien considérable des banques centrales face aux effets des risques contre lesquels ces banques centrales essaient de lutter. L’escalade graduelle des tensions commerciales internationales depuis 2018 nuit de plus en plus au climat des affaires, ce qui a déjà mené certaines entreprises à reporter leurs investissements de capitaux et qui menace à présent de rendre les consommateurs plus réticents à dépenser, étant donné que cette faiblesse pourrait se propager sur les marchés du travail. Les banques centrales sont bien conscientes de ces risques et sont prêtes à agir. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a revu à la baisse le seuil d’intervention de la BCE et a déclaré que seule une amélioration nette des conditions économiques est encore en mesure d’éviter une baisse des taux et une relance des achats d’obligations. Christine Lagarde, qui deviendra probablement la nouvelle présidente de la BCE à partir d’octobre, ne devrait pas modifier ce ton conciliant.

Anticipant les baisses de taux, les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans ont déjà chuté en dessous des 2 % et les rendements des Bunds à 10 ans ont baissé à -0,4 %, le niveau actuel des taux officiels de la banque centrale. Les rendements devraient poursuivre leur trajectoire baissière, même si les investisseurs ont à présent anticipé la plupart des actions possibles des banques centrales. Les positions longues en duration semblent malgré tout encore plutôt sûres pour le reste de l’année, étant donné que les banques centrales devraient maintenir leur attitude conciliante avec des taux qui restent bas pour une période supplémentaire.

Le retour de la BCE sur le marché des obligations en tant que gros acheteur devrait encore avoir des conséquences. Les spreads des obligations d’entreprise devraient se contracter, assurément aussi longtemps qu’une véritable récession peut être évitée. Les spreads périphériques devraient également en profiter, permettant à l’Italie de consolider les gains obtenus cette semaine. La menace de nouvelles mesures de la part de la Commission européenne sur le budget italien a été facilement écartée en mettant en avant les déclarations d’impôt plus favorables que prévu à ce stade de l’année, malgré une économie italienne en proie à certaines difficultés. Après cet été, le budget pour 2020 doit toutefois être remis, ce qui pourrait encore déclencher certaines mesures du côté de Bruxelles. Les projets pour introduire des mini-bots (reconnaissance de dette gouvernementale qui peut être considérée comme une devise parallèle à l’euro) ont également refait surface et méritent une réponse forte du reste de l’UE, et notamment de la part de la BCE. Les spreads italiens affichent des niveaux encore plutôt élevés pour une raison, alors que les spreads espagnols ont à présent rejoint le groupe des « semi-core » d’Europe composé de la France, de la Belgique et de l’Irlande.

Les obligations liées à l’inflation poursuivent la lutte et sont restées assez volatiles et vulnérables dans une période où les marchés anticipent une « japonisation », à savoir une longue période de faible croissance associée à de faibles niveaux d’inflation. Les obligations liées à l’inflation sont devenues très bon marché par rapport aux obligations nominales, misant sur moins de 0,7 % d’inflation sur les 10 prochaines années. Cette hypothèse est formulée dans un contexte où l’inflation a été proche de 1 % au cours des cinq dernières années et où les banques centrales sont déterminées à la faire grimper. Les prochains trimestres pourraient toutefois voir le ralentissement de la croissance entraver ces efforts et rendre la tâche de convaincre les investisseurs plus compliquée, ce qui aurait pour conséquence un maintien des prévisions d’inflation à des niveaux bas pour une période supplémentaire.

Chris Huys
Investment Communications
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