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Update obligations : L’hiver approche pour les investisseurs en obligations

Alors que le variant Omicron du covid-19 captait la majorité de l’attention des investisseurs au cours des dernières semaines, certains banquiers centraux tentent de réaliser un revirement remarquable. Le mandat du président de la Réserve fédérale Jerome Powell vient d’être renouvelé par Joe Biden lorsqu’il a retiré le mot « transitoire » de la description des données d’inflation persistante et élevée.

En résumé

  • Les rendements obligataires américains pourraient continuer à augmenter pour atteindre 2 % ou plus l'année prochaine
  • L'Europe est loin d'être prête à relever ses taux d'intérêt
  • Les investissements obligataires plus risqués dans la dette à haut rendement et les marchés émergents restent intéressants en Europe
Update obligations : L’hiver approche pour les investisseurs en obligations
Update obligations : L’hiver approche pour les investisseurs en obligations

D’autres banquiers centraux ont déjà agi par rapport à la hausse de l’inflation, mais il semble maintenant évident que la banque centrale américaine passera également à l’action dans un avenir proche. Lors de la réunion de la Fed de la semaine prochaine, une interruption des achats d’obligations en mars et un lancement anticipé d’un plus grand nombre de hausses de taux que la plupart des investisseurs prévoient seront probablement à l’ordre du jour. Si les investisseurs reçoivent ce message de la part de la Fed et qu’ils continuent d’accorder peu d’attention au variant Omicron, les rendements américains sont susceptibles de rapidement compléter le rebond constaté par rapport au niveau plancher de la semaine dernière et de se diriger vers un taux de 2 % et plus l’année prochaine.

Nous prévoyons que la Banque centrale européenne (BCE) n’empruntera pas le même chemin lors de sa réunion qui aura lieu un jour après celle de la Fed, étant donné que l’Europe dispose de beaucoup plus de capacités de réserve au sein de son économie et de son marché du travail. La présidente de la BCE Christine Lagarde devra être convaincante lors de son élocution face à la presse suivant la réunion, et ses mots seront analysés de près par les investisseurs afin de déterminer dans quelle mesure elle est capable et pourra s’écarter de la Fed. Alors que les hausses de taux en Europe ne sont pas du tout à l’ordre du jour, la capacité de la BCE à continuer d’acheter des obligations en grandes quantités peut être remise en question une fois que la Fed arrêtera. Les obligations des gouvernements périphériques sont plus vulnérables à de tels doutes que les obligations d’entreprise, alors que les obligations d’entreprise étaient plus vulnérables aux récentes inquiétudes relatives à de nouveaux confinements et à l’impact sur la croissance économique.

Il est probable que les rendements européens suivront les rendements américains seulement de manière limitée, étant donné qu’ils seront protégés par la politique de la BCE, et ils restent souvent à des niveaux peu attrayants. Les alternatives d’investissement plus risquées dans le segment du haut rendement et des marchés émergents restent dès lors intéressantes, mais les investisseurs doivent toutefois surveiller attentivement l’exposition aux rendements américains qui est associée à ces investissements. Alors que des rendements américains plus élevés représentent clairement un risque pour ces obligations, leurs spreads restent intéressants dans un contexte de croissance économique mondiale quand il existe peu de signes qui laissent penser que des défauts de paiement sont à prévoir. Les derniers indicateurs de croissance semblent une fois de plus encourageants, mais l’impact total du variant Omicron doit encore être démontré. Trouver le juste équilibre entre ces forces contraires constituera la clé d’un investissement réussi dans ces obligations attrayantes, mais risquées en 2022.

Erik Joly
Erik Joly
Chief Investment Officer
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