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Update Obligations : Est-ce que les banques centrales sont capables de garder les marchés sous contrôle ?

Après une première semaine d’octobre décevante en termes de données économiques, telles que l’indice des directeurs d’achat, la deuxième semaine du mois s’est plutôt concentrée sur la Réserve fédérale américaine et la guerre commerciale.
Update Obligations : Est-ce que les banques centrales sont capables de garder les marchés sous contrôle ?
Update Obligations : Est-ce que les banques centrales sont capables de garder les marchés sous contrôle ?

Le 8 octobre, le président de la Fed Jerome Powell s’est exprimé lors d’une conférence d’économistes d’entreprise et n’a pas réellement dévoilé de nouvelle mesure de relance économique à venir lors de la prochaine réunion de la Fed un peu plus tard en octobre. Powell a toutefois annoncé une augmentation des achats de bons du Trésor américain à court terme afin d’éviter une répétition des récentes tensions de liquidités constatées pour les taux de pension à un jour (ou « repo »), qui ont augmenté fortement pour passer de 2,25 % à 10 % (les mises en pension sont une forme d’emprunt à court terme pour les spécialistes en valeurs du Trésor). Powell a également clairement annoncé que la banque centrale des États-Unis ne se lançait pas dans un programme d’assouplissement massif.

Comme attendu, les rendements des bons du Trésor américain à court terme et ceux des bons du Trésor américain à long terme ont été à peine influencés par les déclarations de Powell. Les rendements des bons du Trésor américain à dix ans sont situés aux alentours de 158 points de base (pb), un niveau situé à peine 12 pb au-dessus du plancher historique. Le compte-rendu de la réunion des décideurs de la Fed de septembre a donné l’impression que les risques liés au ralentissement de la croissance économique étaient considérés comme capitaux aux yeux de la plupart des décideurs de la Fed. Une accentuation de la faiblesse des données d’activité est dès lors susceptible de mener à de nouvelles baisses de taux cette année, sauf si les données d’inflation s’avèrent nettement meilleures que les prévisions. L’objectif d’inflation de la Fed est établi à 2 %.

Nous prévoyons que la Réserve fédérale baissera son taux directeur de 25 pb en octobre et encore une fois de 25 pb en décembre. Ces mesures seraient prises pour encourager les entreprises à poursuivre leurs investissements soutenant l’économie. En Europe, les taux souverains sont stables depuis le début du mois d’octobre, avec aucune orientation claire. Les rendements des Bunds stagnent aux alentours de -55 pb, ce qui constitue un niveau très éloigné du plancher historique situé à -71 pb, qui a été constaté à la fin du mois d’août. Étonnamment, le Bund n’a pas joué son rôle de valeur refuge lorsque les faibles données économiques ont été publiées un peu plus tôt en octobre.

Les données de production décevantes et l’inquiétude liée à un ralentissement se sont matérialisées en un élargissement des spreads de crédit. Cette tendance est surtout visible pour le segment des obligations plus risquées. Les spreads du haut rendement américain se sont élargis de 37 pb et ceux des obligations à haut rendement européennes de 33 pb, leur niveau de plus élevé depuis mi-août. Les obligations des marchés émergents ont affiché plus de résilience, étant donné que les spreads sont restés stables.

Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine sont sur le point de reprendre, mais l’issue de celles-ci reste impossible à prédire. En raison d’un contexte politique incertain (guerre commerciale, possibilité d’un Brexit dur, etc.) et du ralentissement de l’économie mondiale, nous continuons de penser que l’intervention des banques centrales est capable de soutenir l’économie et de prolonger le cycle économique. Cette hypothèse se base sur l’attitude des banques centrales qui maintiennent les taux d’intérêt à des niveaux bas, et en Europe, sur la relance des achats d’actifs (assouplissement quantitatif) en novembre. Nous continuons dès lors de privilégier une position surpondérée en duration, avec la possibilité que les obligations à maturité plus longue surperforment les obligations à maturité courte. Nous privilégions également les crédits européens, qui profiteront probablement du programme d’achat d’actifs de la BCE. Nous maintenons également un biais positif en faveur de la dette des marchés émergents au détriment des obligations à haut rendement. Les décisions accommodantes (conciliantes) de la Fed jouent en faveur d’une position en obligations des marchés émergents, qui pourraient même bénéficier d’un soutien encore plus large si le dollar américain venait à faiblir. Nous estimons que les obligations à haut rendement sont coûteuses et présentent un potentiel de croissance limité (en euros ou couvertes contre le dollar américain) à moyen terme.

Florian Bardy
Investment Communications
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