1 min

Update obligations : La BCE (de nouveau) coincée ?

En mars 2020, les marchés des obligations périphériques ont développé une aversion au risque lorsque Christine Lagarde, la nouvelle présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a commis un lapsus en déclarant qu’elle n’était pas en charge de la régulation des spreads.

En résumé

  • Les taux d'inflation ont augmenté plus rapidement que les taux d'intérêt cette année
  • La nature temporaire de l'inflation n'est pas encore visible
  • S'il s'avère que l'inflation n'est pas temporaire, les taux d'intérêt peuvent encore augmenter
Update obligations : La BCE (de nouveau) coincée ?
Update obligations : La BCE (de nouveau) coincée ?

Tout de suite après, la BCE a annoncé un programme d’achats d’obligations (PEPP) de 750 millions EUR en vue de lutter contre l’épidémie de Covid-19, ce qui a bien entendu soutenu les spreads. Les spreads des obligations italiennes ont toutefois seulement affiché une nouvelle baisse lorsque l’UE a annoncé le lancement du Plan de relance européen.

Au début de l’année 2021, les conséquences d’une réouverture des économies sur les taux d’intérêt et l’inflation n’étaient pas clairement établies. Nous avons vu les chiffres d’inflation s’envoler cette année à une vitesse plus élevée que les taux d’intérêt. Ce phénomène a été provoqué en partie par l’attitude de la Réserve fédérale et de la BCE, qui ont déclaré que cette inflation serait transitoire. Cette pression inflationniste devrait se dissiper en grande partie dès que les frictions se normaliseront dans le monde.

Les investisseurs s’attendent à ce que ces effets transitoires commencent à se manifester, mais ce n’est pas encore le cas. Est-ce que le leitmotiv transitoire de la BCE et de la Fed reste dès lors légitime ? La Fed commence déjà à changer de ton, puisqu’elle est en train d’arrêter ses programmes d’achats. Nous prévoyons une première hausse de taux au milieu de l’année 2022.

Les investisseurs pourraient dès lors commencer à penser que la BCE est sur le point d’être coincée avec son leitmotiv d’inflation transitoire. Le programme PEPP se terminera en mars de l’année prochaine et toutes les prévisions semblent indiquer que la BCE comblera ce manque en élargissant son autre programme d’assouplissement quantitatif (PSPP). Cependant, si la BCE commence également à revenir sur ses pas à propos de son leitmotiv transitoire et qu’elle n’élargit pas le programme, les marchés des obligations périphériques seraient moins soutenus et les spreads entre les pays seraient susceptibles de s’élargir. Voici la situation que nous constatons ces derniers jours. De plus, si l’inflation n’est pas transitoire, les taux d’intérêt pourraient alors s’apprécier encore plus, et l’Italie serait alors confrontée avec à la fois des taux plus élevés et une prime de risque plus élevée. Une telle situation pourrait ensuite inciter les investisseurs à remettre une nouvelle fois en question la capacité à gérer la dette italienne.

La réunion de la BCE de décembre sera capitale. Nous pensons que l’inflation de la zone euro sera majoritairement temporaire, même si les effets de ce caractère transitoire prennent légèrement plus de temps à se manifester. Nous pensons que les spreads italiens devraient afficher une baisse notable au cours de l’année prochaine. Nous maintenons dès lors une position surpondérée en obligations italiennes.

Erik Joly
Erik Joly
Chief Investment Officer
Avis
Il n'y a pas encore d'avis sur cet article.