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Update Obligations : des signaux émis par un faible PMI

Alors que les industriels européens débutent leur saison des résultats du troisième trimestre, les signes d’une faiblesse des marchés finaux se font de plus en plus insistants. Même si le PMI manufacturier oscille aux alentours de 50 en France, celui de l’Allemagne est établi à 41, le niveau le plus bas enregistré depuis la récession de 2009.
Update Obligations : des signaux émis par un faible PMI
Update Obligations : des signaux émis par un faible PMI

L’industrie manufacturière est essentielle pour l’économie allemande et pour les perspectives des industriels européens. À ce titre, des baisses régulières des principaux indicateurs laissent entrevoir une chute de la demande pour 2020. Les industriels allemands doivent faire face à une véritable tempête d’incertitude liée à la guerre commerciale, au Brexit et aux difficultés rencontrées par l’industrie automobile domestique en matière de changements structurels. En résumé, tous ces facteurs ont généré un environnement de faibles investissements. À la fois les Bunds allemands et les Gilts du Royaume-Uni ont vu leurs rendements augmenter au cours du dernier mois. Nous pensons toutefois qu’ils vont afficher une baisse, raison pour laquelle nous maintenons une position surpondérée pour la duration.

Le marché semble avoir appris à vivre avec le différend commercial en suspens entre la Chine et les États-Unis, dans le sens où chaque réunion apporte une lueur d’espoir avant de laisser place à de nouvelles réclamations ou violations. La semaine prochaine, la Chine et les États-Unis participeront à des réunions d’un niveau plus élevé, il sera dès lors l’heure de voir si une progression aura été constatée.

Même si l’attention est presque intégralement tournée vers la Chine, les États-Unis ont déjà reçu l’approbation de la part de l’OMC pour imposer des barrières tarifaires à l’UE, qui ne devrait pas attendre longtemps avant de riposter. Avec un risque de no deal de plus en plus élevé pour le Brexit, l’affaiblissement de la zone euro pourrait être encore plus accentué. Néanmoins, même si les principaux partenaires commerciaux des États-Unis affichent un ralentissement plus rapide, l’économie américaine est également en perte de vitesse, ce qui confirme qu’elle ne peut pas être indéfiniment à l’abri du commerce international. Cette situation correspond à notre conviction que la Fed finira par annoncer deux baisses de taux supplémentaires d’ici la fin de l’année.

Dans un contexte d’aversion au risque, les obligations des marchés émergents et autres obligations d’entreprise à haut rendement ont tendance à devenir plus volatiles. En raison de l’incertitude et du ralentissement mondial constatés, surtout en Chine, les devises des marchés émergents auront besoin d’une Fed beaucoup plus accommodante que prévu, et donc d’un dollar américain plus faible. Cette possibilité constitue la seule situation capable d’inverser la tendance baissière de ces devises. Étant donné que nous ne pensons pas que cette hypothèse se confirmera, nous gardons notre position en marchés émergents uniquement en devise forte.

Au sein des marchés émergents, les déficits budgétaires les plus inquiétants ont été constatés en Argentine, au Brésil et en Arabie saoudite. L’Argentine et le Brésil affichent une croissance économique stagnante, les risques politiques les plus élevés et les ratios dette sur PIB les plus élevés, alors que l’Arabie saoudite est touchée par une baisse des exportations de pétrole à la suite de l’attaque de drones. Au même moment, l’Arabie saoudite affiche un faible niveau de dette inférieur à 25 % qui ne devrait pas inquiéter les investisseurs. Les pays qui ont le plus de poids dans les indices des marchés émergents affichent toutefois des finances publiques saines et ont encore de la marge pour appliquer des baisses de taux, ce qui justifie notre position surpondérée en dette des marchés émergents par rapport aux obligations d’entreprise à haut rendement.

Matias Grinberg
Investment Communications
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