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Update Obligations: Une semaine volatile pour les marchés obligataires

Fait surprenant, Mario Draghi, le président de la BCE, a souligné l’attente d’une reprise relativement forte de l’inflation cette semaine. En conséquence, les rendements du Bund allemand ont atteint de nouveaux sommets depuis les turbulences de mai.

Fait surprenant, Mario Draghi, le président de la BCE, a souligné l’attente d’une reprise relativement forte de l’inflation cette semaine. En conséquence, les rendements du Bund allemand ont atteint de nouveaux sommets depuis les turbulences de mai. Dans la même lignée, les rendements du Trésor américain ont grimpé au-dessus de 3,1 %, rejoignant ainsi le niveau des rendements les plus élevés de ces sept dernières années. Désormais, les investisseurs tiendront clairement à l’œil l’évolution de l’inflation en tentant d’estimer si les prévisions de Draghi se réaliseront et dans quelle mesure elles influenceront l’orientation future de la BCE. Jusqu’à présent, un départ précoce de la hausse des taux ne semble pas faire l’objet de débats. Cependant, les paroles de Draghi ouvrent la voie aux spéculations à propos d’un rythme plus soutenu du cycle de hausse des taux.

Après que le marché s’est adapté aux informations émanant de la Réserve fédérale américaine et de la BCE cette semaine, l’actualité politique a repris le dessus, entraînant dans son sillage une certaine volatilité. Le déficit budgétaire de l’Italie pour 2019 constitue un indicateur clé de la volonté du gouvernement à accepter une situation financière pire encore pour le pays en vue de financer les onéreuses promesses électorales de ses politiciens. Compte tenu de l’environnement économique globalement encourageant à la fois en Europe et au-delà, nous n’entrevoyons pas de risques imminents. Néanmoins, si l’Italie entend poursuivre ses dépenses publiques plus élevées au cours de ces prochaines années, une érosion de la qualité des crédits risque d’apparaître à long terme.

À l’avenir, il faudra peut-être tenir à l’œil le volume décroissant des achats d’obligations par la BCE. Sur le plan des obligations corporatives, une augmentation significative des volumes d’émission indique que les entreprises prévoient un impact sur leurs charges financières et tentent d’accéder au marché primaire aussi longtemps que la BCE acquiert des crédits admissibles. Or, les conséquences sont difficiles à évaluer, car les détails de la stratégie d’achat et de réinvestissement de la BCE ne sont pas connus. Cependant, la diminution de la part de la BCE dans l’émission primaire, observée malgré une augmentation de l’offre, peut désormais révéler une pression accrue sur les primes de risque sur les obligations de sociétés.

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