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Update Actions : analyse du marché

Dans cet article, nous aborderons trois sujets : les retombées de la réunion du G20, la nomination de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) et la fragilité du marché.

En résumé"

  • les retombées de la réunion du G20
  • la nomination de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE)
  • la fragilité du marché
Update Actions : analyse du marché
Update Actions : analyse du marché

Le sommet du G20 à Osaka a provoqué un léger rallye de soulagement sur les marchés des actions. Juste avant la fête du quatre juillet aux États-Unis, l’indice S&P 500 a affiché une hausse de 1,8 % par rapport à la clôture de vendredi dernier. L’Euro Stoxx 50 s’est apprécié de 1,9 %. La réunion très attendue entre le président des États-Unis et le dirigeant chinois Xi Jinping a permis de reprendre les négociations et d’écarter la menace d’une guerre commerciale sans merci, du moins pour le moment.

Le conflit commercial fait partie d’une tendance séculaire bien plus importante, où la Chine devient un acteur mondial de plus en plus dominant. À l’instar de la domination de l’Empire britannique et de l’Europe sur le 19e siècle et de celle des États-Unis sur le 20e siècle, il faudra peut-être reconnaitre que le 21e siècle sera dominé par la Chine. Les projets de nouvelle route de la soie de la Chine, les activités en Afrique, les actions entreprises en tant que fonds monétaire parallèle (une sorte de Fonds monétaire international) pour les pays de l’Asie du Sud et ses nombreux achats de bons du Trésor américain soutiennent cette hypothèse. Nous pensons que le conflit commercial constitue un symptôme de cette tendance, une conséquence négative dans l’affrontement entre les empires, susceptible de dominer les marchés pour une période plus longue que souhaité.

Le deuxième sujet est le (probable) nouveau poste de Christine Lagarde. Actuellement, la BCE ne parvient pas à atteindre ses objectifs d’inflation. Les banques centrales injectent de l’argent dans le système financier sans compter et sont prêtes à poursuivre cette pratique. En Europe, la stimulation monétaire octroyée par la BCE a explosé pour atteindre un montant total affolant de 2 600 milliards EUR, à savoir l’équivalent de 7 500 EUR par personne vivant dans la zone euro. À ce stade, il semble évident que l’augmentation de la masse monétaire ne mène pas à l’inflation. Ce constat a été alimenté par deux facteurs déflationnistes majeurs en jeu : des niveaux d’endettement très élevés et une démographie indiquant un déclin de la population. La population vieillissante et la chute du taux de natalité ne peuvent pas être compensées par des mesures de stimulation monétaire. Les niveaux d’endettement très élevés vont de pair avec des restrictions budgétaires. Cette politique ne fonctionne dès lors pas. Une remise en cause de l’objectif d’inflation est susceptible de constituer l’une des premières actions que Christine Lagarde pourrait vouloir entreprendre en tant que présidente de la BCE.

Alors, où est passé tout l’argent ? Dans les actifs et le cash

Nous constatons actuellement que la plupart des actifs se trouvent à des niveaux élevés, tendance qui a été partiellement soutenue par l’interruption du conflit commercial. L’indice S&P 500 a atteint un plafond historique ; l’indice Euro Stoxx 600 est proche de son record de tous les temps (392 vs 415) et l’or a dépassé les 1 400 USD. En outre, les marchés des titres à revenu fixe non américains se trouvent à des niveaux extrêmes étant donné que les politiques accommodantes des banques centrales ont pour conséquence des taux d’intérêt au plus bas. Les marchés de l’art, avec un montant record de 110 millions USD pour une peinture de Monet en mai, et le prix des logements dans les quartiers populaires semblent également afficher des niveaux inimaginables. L’argent a dès lors partiellement été investi dans des actifs qui sont peut-être surévalués. Cette théorie est reconnue par les personnes et institutions qui détiennent d’énormes sommes de cash non investies et qui attendent un point d’entrée. À nos yeux, ces valorisations élevées ne sont pas réellement justifiées, sauf peut-être par l’opinion selon laquelle la Réserve fédérale est susceptible d’envisager des baisses des taux d’intérêt. De nombreux obstacles doivent également être pris en compte, avec notamment le désendettement de la Chine. Nous arrivons à la conclusion que tous ces facteurs mènent à des conditions de marché fragiles, où un rien pourrait provoquer une correction.

Jan Wirken
Investment Communications
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