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Sustainability débat : Croire en la force des gens

Pénurie de matières premières, pauvreté, réchauffement climatique… Peut-on encore sauver notre planète ? Chez ABN AMRO, nous en sommes convaincus. Mais pour cela, chacun doit prendre ses responsabilités, de la manière qui lui convient. Pour nous, en tant que banque, cela signifie soutenir les entreprises durables, proposer des solutions durables aux investisseurs et partager notre vision de l’avenir avec nos clients. C’est ce que nous faisons, notamment, lors des Sustainability Soirées. Des soirées au cours desquelles un invité d’honneur vient nous dévoiler sa vision (future) de la durabilité.

En résumé

  • Pensez-vous que la consommation mondiale baissera de 50 % d’ici dix ans ?
  • Les banques doivent-elles s’immiscer dans les débats politiques ?
  • Quel secteur aura disparu dans dix ans ?
  • Réagissez-vous contre ceux qui nient le changement climatique ?
  • L’intelligence artificielle peut-elle aider la planète ?
Sustainability débat : Croire en la force des gens
Sustainability débat : Croire en la force des gens

Invité d’honneur : Peter Hinssen

Le 20 juin a eu lieu notre troisième Sustainability Soirée, à l’Hôtel de la Poste à Bruxelles. L’orateur invité n’était autre que Peter Hinssen : fondateur de l’entreprise spécialisée en innovation nexxworks, multi-entrepreneur, conseiller, orateur de marque et auteur du livre The Day After Tomorrow. L’article portant sur sa présentation est paru précédemment sur Today.

Débat interactif

L’exposé inspirant de Peter est suivi d’un débat interactif. Ann De Bie, journaliste de la VRT spécialisée en environnement, climat et durabilité, modère l’échange animé entre Peter Hinssen, Solange Rouschop – CEO d’ABN AMRO Private Banking Belgique – et Joachim Aelvoet – Country Director Products & Solutions chez ABN AMRO Private Banking Belgique. Trois optimistes réalistes. Une attitude qui, bien que tenable, ne va pas de soi.Pour alimenter le débat, des questions sont présentées au public, après quoi les trois orateurs donnent leur vision en la matière. La première question est la suivante :

« Pensez-vous que la consommation mondiale baissera de 50 % d’ici dix ans ? »

Pratiquement aucune des personnes présentes ne pense que ce sera le cas – et ce n’est pas vraiment une surprise...

La situation va empirer avant de s’améliorer

Peter Hinssen estime que la situation va encore empirer avant qu’on observe une amélioration. « En Belgique, et en Occident en général, nous sommes tellement habitués à notre mode de consommation que nous ne réalisons pas que nous sommes en fait des privilégiés. Et à l’heure actuelle, une grande partie du monde est sur le point de rejoindre elle aussi la classe moyenne. Résultat : le comportement de consommation dans cette partie du monde est en train de changer ; des groupes de population qui avaient un mode de vie végétarien depuis des siècles commencent maintenant à manger de la viande, ce qui a un impact considérable sur les émissions de CO2 et donc sur le changement climatique. »

Changer le comportement est un défi de taille, mais c’est tout à fait possible

Joachim ajoute que la possibilité d’acheter et d’avoir tout ce que nous voulons détermine aujourd’hui une partie de notre bonheur. « Mais prenons l’exemple du Costa Rica. Les habitants ont adapté leur comportement et vivent des matières premières qu’ils produisent eux-mêmes. Les Costaricains comptent parmi les populations les plus heureuses au monde. Changer le comportement est un défi de taille qui ne peut être relevé du jour au lendemain, mais c’est tout à fait possible. »

Debat met Peter Hinssen ABN AMRO Private Banking

« Les banques doivent-elles s’immiscer dans les débats politiques ? »

Une banque comme ABN AMRO Private Banking a-t-elle une mission supplémentaire ? Doit-elle se mêler d’autres thèmes que l’aspect purement financier, par exemple en ce qui concerne la durabilité et les changements climatiques ?Une question intéressante à laquelle deux tiers des personnes présentes répondent par l’affirmative.

La question de la durabilité transcende la politique

Solange est ravie de ce résultat. « La durabilité est une problématique qui transcende la politique. Si nous voulons par exemple accélérer la transition énergétique, nous avons besoin de bien plus de moyens que ceux qui peuvent être offerts par les pouvoirs publics; le fait est que ces moyens sont limités, et augmenter les impôts n’est pas une solution. Les marchés des capitaux disposent toutefois de moyens. Les banques peuvent jouer un rôle de facilitateur, participer activement au débat et assumer une partie des responsabilités. »

Si l’opinion publique change, la politique suivra.

Pour Joachim, deux tâches incombent à la banque. « D’une part, nous pouvons aider les politiques à développer une vision à long terme et à opérer les bons choix. D’autre part, nous disposons de nombreuses informations socialement pertinentes que nous pouvons partager avec la population. Nous devons informer les électeurs car si l’opinion publique change, la politique suivra. »La question est : comment convaincre les gens ? Avec des faits, avec des sentiments ou avec des arguments financiers ?

Tout tourne autour de ce qui motive les gens

D’après Solange, c’est une combinaison de plusieurs facteurs. « Nous travaillons depuis environ six ans avec un filtre de durabilité pour les investissements de la banque. Au début, quelques collègues plus âgés étaient plutôt sceptiques. Il a donc fallu s’interroger sur les raisons. Disposaient-ils de la bonne information ? En les mettant en contact avec des spécialistes dans ces matières, ils ont développé une autre vision. Pour convaincre les gens, il faut donc savoir ce qui les pousse à avancer, ce qui les motive. Et une fois qu’on le sait, c’est là-dessus qu’il faut jouer. »

Peter Hinssen ABN AMRO Private Banking2

« Quel secteur aura disparu dans dix ans ? »

Le public peut répondre librement à cette question et plus de 50 réponses apparaissent à l’écran. Quelques exemples : compagnie pétrolière, administration, comptabilité, télécommunications, agriculture, magasins physiques, aviation, voitures, banques, barreau, etc.

10 % des emplois disparaîtront, 100 % changeront

Comme déjà indiqué dans son exposé, Peter est convaincu que 10 % des emplois disparaîtront et que tous les emplois connaîtront un changement de contenu. « La question est : sommes-nous aptes à faire face à ces changements ? Pouvons-nous nous adapter ? Certains secteurs font face à des changements profonds. Sont-ils dès lors amenés à disparaître ? Ou en ressortiront-ils justement encore plus forts ?

Changer les business models, y compris celui de la banque

« Nous n’avons évidemment pas de boule de cristal et nous ne pouvons pas répondre à cette question avec certitude », déclare Joachim. « Mais une chose est sûre : tous les secteurs connaissent des changements importants. Nous voyons les business models changer, et les banques n’y échappent pas. Nous devons nous préparer à une nouvelle façon de travailler, nous demander comment nous pouvons servir nos clients, quels produits ils attendent de nous. Aura-t-on absolument encore besoin de produits à l’avenir ou ne sera-t-il plus question que de services ? Il nous faut réfléchir à cette question et nous préparer au changement. »

Remettez-vous constamment en question

Prenons l’exemple de l’industrie du disque. Avec l’arrivée d’iTunes, tout le monde pensait que ce secteur était mort. Et effectivement, la vente de CD a chuté jusqu’à la disparition quasi totale de ce support. Mais en 2019, les recettes ont retrouvé leur niveau d’avant iTunes. Conclusion : remettez-vous constamment en question et adaptez-vous!

L’enseignement est une priorité absolue

Une deuxième question que nous devons nous poser est : sommes-nous capables de faire face à ce changement ? Les entreprises s’adaptent aux changements, mais l’enseignement ne suit pas assez rapidement, pour ne pas dire qu’il est perpétuellement à la traîne. Les acquis de l’apprentissage ne correspondent pas aux besoins du monde de l’entreprise. Le recyclage, et l’enseignement en général, doivent être une priorité absolue pour la politique. Mais hélas, il n’en est rien en Belgique. »

« Réagissez-vous contre ceux qui nient le changement climatique ? »

La majorité des personnes présentes tentent de convaincre les gens qui démentent le changement climatique qu’ils ont tort.

Causes et effets

Solange rencontre quotidiennement des personnes qui nient le changement climatique. « Mais », dit-elle, « si vous laissez un instant de côté les causes du changement climatique et que vous leur demandez s’ils en perçoivent les effets, ils répondent alors par l’affirmative. Et même s’il reste encore un long chemin à parcourir, nous avancerons lentement mais sûrement si tout le monde reconnaît les effets. »

Communication et information

Joachim prône aussi la communication et l’information. « Il faut expliquer un maximum aux gens ce qui se passe dans notre société, dans notre monde, et quel en est l’impact. Mais il faut aussi oser discuter des opportunités. Par exemple, de la possibilité de tirer un rendement des investissements durables. »

Des données et encore des données

Pour Peter, les solutions sont à trouver dans la science, dans la recherche et dans les données. « Les décisions doivent être fondées sur des faits basés sur des données concrètes. Le Luxembourg est un bel exemple de pays qui se réinvente en permanence. Il a été un pionnier dans la révolution industrielle, une grande puissance sidérurgique. Quand ce secteur a connu un déclin, le Grand-Duché s’est tourné vers le secteur bancaire et, là aussi, il a donné le ton. Aujourd’hui, il mise tout sur la collecte de données en vue de prendre de meilleures décisions politiques. Mieux nous comprendrons la science, la technologie et les données, plus ce sera facile. »

« L’intelligence artificielle peut-elle aider la planète ? »

Beaucoup de gens ont peur de l’intelligence artificielle. En quoi est-elle si angoissante pour certains ?

Embrassez la technologie et voyez le potentiel durable

Peter explique : « L’intelligence artificielle revient à permettre à des systèmes d’accomplir des tâches que les gens ne peuvent pas (ou plus) faire. Et c’est angoissant pour beaucoup de gens. Il n’y a pas si longtemps, une voiture automatique semblait quelque chose de bizarre en Belgique. Aujourd’hui, nous utilisons le régulateur de vitesse et nous poussons sur un bouton pour que la voiture se gare elle-même. Et nous trouvons ça tout à fait normal. Nous devons embrasser la technologie et prendre conscience de l’énorme potentiel qu’elle a à nous offrir. Dans les domaines des soins de santé, de l’alimentation, de l’agriculture, et bien d’autres encore. La technologie peut améliorer sensiblement notre qualité de vie, de manière durable. »

Un dernier message positif de Solange

« Nous avons déjà connu des changements profonds au cours des 100 dernières années. Mais je crois aux gens et en leur force. Je suis donc convaincue que nous saurons relever les défis qui nous attendent durant les 100 années à venir. Nous n’avons qu’une seule planète, il n’y a pas d’alternative. Donc, prenons-en soin ensemble. Exploitons notre intelligence et nos moyens pour avancer. »

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