2 min

Stratégie d’investissement : Un petit pas vers des actifs plus risqués

L'épidémie du coronavirus a déclenché une petite correction des marchés boursiers. Rien de surprenant, pas plus que la rapide reprise des marchés. Mis à part la désolation que la maladie a déjà causée à plus de 500 victimes et leur famille, la reprise du marché suite à la correction liée au coronavirus révèle vigueur et résilience. La question est la suivante : pourquoi les marchés sont-ils si résilients ?

En résumé

  • le risque en portefeuille
  • actions & obligations
  • l'économie mondiale
  • l'économie chinoise
Stratégie d’investissement : Un petit pas vers des actifs plus risqués
Stratégie d’investissement : Un petit pas vers des actifs plus risqués

Nous croyons que plusieurs grandes forces soutiennent les marchés financiers mondiaux et, en particulier, les marchés boursiers. Ces forces comprennent le faible niveau des taux d'intérêt, qui poussent les investisseurs à chercher des alternatives à des rendements très faibles, voire négatifs. En outre, l'orientation accommodante continue des banques centrales offre un solide soutien aux marchés boursiers. La reprise rapide du marché au lendemain de faits antérieurs, tels que le Brexit ou le conflit entre les États-Unis et l'Iran, et maintenant l'épidémie du coronavirus, prouve que ces forces sous-jacentes sont suffisamment robustes pour surmonter des événements plutôt indésirables à court terme.

Dans ce contexte, le Comité d'investissement d'ABN AMRO a décidé de prendre des mesures afin d'augmenter le risque en portefeuille. Ces ajustements incluent une légère augmentation en actions (passant d'une position neutre à une légère surpondération) et la mise à profit des liquidités dans des portefeuilles obligataires, par exemple en réduisant les obligations d'État de la zone euro, de très bonne qualité mais à faible rendement, et en utilisant le produit (en espèces) pour investir dans des obligations d'entreprise et la dette émergente. L'allocation d'actifs reflète maintenant une préférence légèrement plus marquée pour les actions (légère surpondération), tandis que les obligations restent sous-pondérées, bien que légèrement moins qu'avant les ajustements.

Les prévisions d'ABN AMRO quant à l'économie mondiale n'ont pas changé. Nous attendons toujours un premier semestre de 2020 faible, suivi par un second semestre un peu plus solide. L'épidémie du coronavirus, néanmoins, est susceptible d'avoir un impact sur les deux semestres. Au cours du premier semestre de l'année, la croissance économique pourrait être plus lente que prévu, tout en se rattrapant plus tard dans l'année.

Concernant les régions, nous pensons que l'économie chinoise sera la plus touchée, du fait que les quarantaines, les restrictions de voyage et l'impact sur les marchés du travail et les chaînes d'approvisionnement se ressentent. Malgré les graves conséquences sanitaires du virus, l'impact négatif sur l'économie mondiale ne devrait être que passager. Les décideurs politiques chinois prennent déjà des mesures pour stimuler la relance et soutenir les liquidités.

La hausse modeste des actions par le Comité d'investissement n'a pas entraîné le moindre changement concernant l'allocation régionale ou sectorielle. Les États-Unis (légère surpondération) restent privilégiés sur la base de perspectives relativement solides en matière de croissance économique et de bénéfices d'entreprise. Dans le portefeuille obligataire, les obligations d'entreprise de qualité investment grade restent le point d'ancrage du portefeuille et sont privilégiées aux obligations de qualité supérieure offrant des rendements inférieurs. Les rendements supérieurs (conformes à un risque plus élevé) se retrouvent dans la dette émergente. Les obligations souveraines émergentes, par exemple, ne présentent pas un risque de défaut important, étant donné l'absence de déficits budgétaires ou courants majeurs. Pour certains investisseurs, les liquidités peuvent également être considérées comme une alternative aux obligations à rendement faible ou négatif.

Dans nos Perspectives d'investissement pour 2020, « De discrets signes d'éclaircie », nous signalions que nous voyions des développements potentiellement positifs à l'horizon. Bien que le contexte macroéconomique actuel reste mitigé, les signes montrant un ralentissement des fondamentaux se multiplient. La modeste mesure prise pour augmenter les actifs à risque reflète cet optimisme en demi-teinte.

Richard de Groot,
Président Comité d’investissement d’ABN AMRO

Avis
Il n'y a pas encore d'avis sur cet article.